CNIDH » Déclarations » Déclaration du Président de la CNIDH, Mr. Jean-Baptiste Baribonekeza, au Conseil des Droits de l’Homme, Genève, 29 juin 2016
Excellence Monsieur le Président du Conseil,
Excellence Monsieur le Ministre des Droits de la PersonneHumaine, des Affaires Sociales et du Genre de la République du Burundi ;
Excellence Monsieur le HautCommissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme ;
Excellences, Mesdames, Messieurs ;
Je voudraisd’abordvousremercier pour cette nouvelle occasion d’échanger nos points de vueavecl’éminentConseil.
La Commission NationaleIndépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) note avec satisfaction l’amélioration notable de la situation sécuritaire et des droits de l’hommedans tout le pays depuis le début de l’année 2016, maissurtout au cours des troisderniersmois. La CNIDHestimequecesaméliorationssontsurtoutattribuables au regain de la conviction chez les protagonistespolitiquesque la voie du dialogueest la meilleure option. La CNIDH encourage les parties prenantesàaller de l’avant.
La CNIDHsalue les mesures de désengorgement des prisons récemment prises par la justice burundaise et recommandedavantage de céléritédans le traitement des dossiers en particulierceuxrelatifs aux casd’enlèvements et de disparitions.
Monsieur le Président du Conseil,
La CNIDH a déjàeul’occasion de s’exprimerdevantceConseilsur la situation des droits de l’hommeayantprévalu en 2015 et au début de l’année 2016.
Nousvoudrionsiciexprimernotrepréoccupation face aux nouvellestendances, notamment la recrudescence du trafic des êtreshumainsà destination de pays étrangers. La CNIDH se réjouit du regain de conscience sur le phénomène et des mesuresdéjà prises par les autorités. Elle encourage le Gouvernementàcontinueràprendretoutes les mesuresidoines en vue de mettre fin au phénomène.
La CNIDH a égalementsuiviavecpréoccupation les actes de gribouillagesur la photo du Président de la Républiquerapportésdanscertainesécoles. Nousrecommandonsunegestionindulgente des dossiers en justice, en privilégiant des peinesmodérées, alternatives àl’emprisonnement.
Par ailleurs, la réponsejudiciaire aux conflitsfonciers qui ontatteintuneampleurinquiétantedoitêtreaméliorée en vue de parer aux règlements de compte qui vontdanscertainscasjusqu’àl’assassinatou au lynchage.
Enfin, la CNIDH voudrait profiter de cette tribune pour exprimer son point de vue face à la mauvaise compréhension de certains acteurs concernant le travail de protection et de promotion abattu par la Commission dans un contexte de tensions et de violences politiques extrêmes, et en toute indépendance malgré les circonstances difficiles. La CNIDH prend note des observations formulées dans le rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme. La CNIDH considère que ces observations reflètent l’importance que le HCDH attache à la Commission et à son action. La Commission réitère son ouverture à tout apport tendant à consolider son action et son indépendance, et à la protéger contre les interférences politiques, d’où qu’elles viennent. C’est notre espoir que très bientôt les incompréhensions seront levées et les points de vue harmonisés, grâce aux échanges et à la collaboration déjà engagés.